LA TERRE

Dimanche 4 juillet, 15h – chapelle du centre diocésain à Besançon
entrée libre avec participation au chapeau

Le Cortège d’Orphée
Anthony Lo Papa, ténor
Renaud Charles, flûte
Dominique Alauzet, harpe
Dorian Simon, percussions
Gabriel Bestion de Camboulas, orgue

Marcher dans un paysage infini, sans contours, sans limites, et à la fin se perdre, faire un avec la Terre, comme un trait d’aquarelle diluée qui se dissout dans l’eau et se confond avec la nature ; c’est à quoi Gustav Mahler invite dans L’Adieu, le vaste dernier mouvement du Chant de la Terre, où la mélancolie le dispute à la contemplation, dans les grands espaces de la poésie chinoise classique où se perdent deux amis en proie à l’errance et en quête de paix. Un chef-d’œuvre absolu de lyrisme et de miniature, ouvert sur l’horizon et l’éternité.

Parallèlement à une formation éclectique (flûte et traverso, clavecin, luth, écriture, MAO, analyse, ondes Martenot, musicologie, danse baroque, lettres et langues), Anthony Lo Papa étudie le chant au CNR de Besançon puis à Montreuil avant d’entrer en 2003 au CNSM de Paris dans la classe de Mireille Alcantara, où il suit les masterclasses de Jeanine Reiss et Margreet Honig, et dont il sort diplômé en 2007. Il y obtient en 2010 le Certificat d’Aptitude de technique vocale. Il se perfectionne sur le Lied auprès d’Ulrich Messthaler à Royaumont.
Son répertoire va de la musique ancienne à la musique contemporaine. Il chante avec le même plaisir la musique sacrée de Bach et Monteverdi, les opéras de Purcell et Lully, que Stimmung de Stockhausen ou les pièces de Brecht/Weill. Il incarne à la scène les rôles de Mozart, Haendel, Britten autant que plusieurs créations. Il a travaillé avec des personnalités comme William Christie, Laurence Equilbey, Daniel Harding, Marc Minkowski, Kurt Masur, Vincent Dumestre, s’est produit dans de nombreux pays – Europe, Canada, Chine – et avec des institutions telles que le TCE, le Châtelet, la Comédie-Française.
Il mène une activité intense autour du Lied et de la langue allemande, ponctuée de projets plus ou moins pédagogiques dont diverses masterclasses, une académie annuelle de Lied à Besançon, une intégrale Schubert et une introduction à Wolf destinée au public français, et a publié un mémoire de Master sur la diction lyrique franco-allemande. Il collabore avec plusieurs ensembles vocaux, dont Aedes et Sequenza 9.3. Il fonde en 2013 son propre ensemble, le Cortège d’Orphée.

Renaud Charles effectue sa formation musicale au conservatoire des villes d’Annecy, de Lyon (CNR), de Paris (9e arrondissement), puis au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (classes de M. Larrieu et de P. Bernold), où il obtient le Diplôme National d’Études Supérieures Musicales (flûte traversière). Il se spécialise alors dans l’interprétation des musiques anciennes des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles sur les flûtes traversières baroque et renaissance auprès de Serge Saïtta puis de Philippe Allain-Dupré (Diplôme Instrumental Professionnel du Département de musique ancienne au Conservatoire de Toulouse). Il se produit régulièrement sur scène au sein de l’ensemble de musique ancienne Le Jardin des délices.
Titulaire du Certificat d’Aptitude, Renaud Charles enseigne la flûte traversière au Conservatoire de musique et de danse de Givors, dans le Rhône.
Parallèlement, il s’initie aux danses anciennes auprès de Christine Bayle, Cecilia Gracio Moura, Barbara Sparti, Anouk Mialaret ou encore Ana Yepes, pour la danse baroque espagnole. Il anime en tant que « maître à danser » des bals ou des ateliers d’initiation aux danses de la renaissance française en France (CRR de Perpignan, Toulouse Plages, Jardin des Plantes des Capellans à Saint-Cyprien, Château Royal de Collioure, Château de Grignan) comme à l’étranger (ESMUC, Barcelone), ce qui l’amène à collaborer à plusieurs reprises avec l’ensemble Les Affinités.
En tant que musicien de plateau, il participe à plusieurs créations théâtrales : « Traviata – Vous méritez un avenir meilleur », aux Bouffes du Nord, mise en scène Benjamin Lazar, conception Judith Chemla – 2016-2018, « Les contes des mille et une nuits », Nocturnes d’Hauterives – 2004, « Les Rustres » de Carlo Goldoni, création de la Compagnie Rozet & Cie pour les Fêtes Nocturnes au Château de Grignan – 2002, « La Tempête » de Shakespeare – 2000-2001, La Grande Parade au Cabaret de l’Ange Bleu – 1994-1995, créations de la Compagnie Brozzoni en résidence à Bonlieu, scène nationale d’Annecy (tournée en France et à l’étranger).
Il se forme en danse flamenco dans les écoles de la région lyonnaise La Fragua et La Cueva de los flamencos ainsi que lors de nombreux séjours en Andalousie, auprès d’artistes tels que Juan del Gastor, Angelita Vargas, Israel Galván, Beatriz Morales, Rafael Campallo, Mercedes Ruiz et Angel Atienza. Passionné par les modes de relation entre la musique et la danse, il est à l’origine de créations où musiciens et danseurs mettent en scène et questionnent les liens entre le baroque et le flamenco : « Por Chaconas » – juin 2011, « Sarabanda por bulería » avec le trio Les Griffonés – 2013-2017, « Cantata flamenca » – juillet 2014 au Festival Orgue en Ville de Besançon, « Concerto flamenco » avec l’ensemble Les Affinités – octobre 2013 et novembre 2015.

Gabriel Bestion de Camboulas découvre l’orgue auprès des plus grand musiciens français tels que Michel Bourcier à Nantes, et François-Henri Houbart à Paris. Il obtient le Master d’orgue au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (CNSMDL), dans la classe de François Espinasse et Liesbeth Schlumberger. Parallèlement à l’interprétation, il étudie et pratique de l’improvisation avec François- Henri Houbart et Gabriel Marghieri.
Sa carrière de concertiste a commencé brillamment grâce au premier GRAND PRIX
international d’orgue Jean-Louis Florentz, de l’Académie des Beaux-Arts – Institut de France, à Angers, en mai 2008. De plus, il est lauréat du concours international d’interprétation Gaston Litaize en 2015, et diplômé du Concours International d’Orgue de l’Académie de Musique « Gnessin » de Moscou en 2017.
Il est suppléant des Grandes Orgues historiques de l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris.
Il s’est déjà produit pour des récitals solistes en France sur des prestigieux instruments tels que la Cathédrale Notre-Dame de Paris, Église de La Madeleine, Basilique St Sernin de Toulouse … Mais il a aussi été invité pour des concerts à l’étranger au Concert Hall Tchaïkovski de Moscou, à l’Auditorium de Khabarovsk (Russie extrême-Orientale), à la Cathédrale de Zagreb, l’église St François de Lausanne…
Il accompagne régulièrement l’ensemble vocal La Tempête, dirigé par Simon-Pierre Bestion.
Soucieux de proposer des programmes variés et de qualité, il constitue un trio romantique Orpheus avec Françine Trachier, violon et Stéphane Shoeder, violoncelle. De plus, il pratique régulièrement l’improvisation dans diverses formules, ce qui l’amène à se produire en public pour la sonorisation de films muets (Festival de Morez, Guéret, Festival de Lausanne…)
Gabriel de Camboulas a réaliser l’enregistrement du CD Requiem pour une âme errante d’Olivier d’Ormesson, sur l’orgue Cavaillé-Coll de Saint-Antoine-des-Quinze-vingts, avec le chœur La Tempête en 2014. Précédemment, il a aussi gravé un CD de musique baroque française Souffle intemporel, pour trompettes, cors et orgue à la Basilique du Puy-en-Velay, en 2012.
Son intérêt pour les projets pluridisciplinaires l’incite à créer plusieurs spectacles avec danse en associant le Collectif Sacre : Si on Marchait, autour du Boléro de Ravel et de Cochereau, Spéos autour de la musique de Jean-Louis Florentz, Le prince de Byzance sur les coutumes de la cour de Byzance au Moyen-âge, L’orgue de Marsyas, un conte pour enfants avec marionnettes.

Dominique Alauzet Lesprit a fait ses études au conservatoire national de région de Nancy où elle a obtenu un premier prix à l’unanimité de harpe, de musique de chambre et le prix inter-régional. En parallèle elle suit une licence de musicologie dans les facultés de Nancy et Strasbourg. Elle entre ensuite au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
Elle est actuellement professeur de harpe au CRR de Besançon et harpe solo à l’Orchestre Victor Hugo de Bourgogne Franche Comté sous la direction de Jean François Verdier.

Le Cortège d’Orphée voit le jour en 2013 à Besançon autour d’un projet simple : remettre en question le règne du concert en s’appuyant sur les œuvres elles-mêmes. Ensemble à géométrie variable, il réunit des artistes autour des préoccupations que sont le contexte des œuvres, leur signification, le formatage croissant des artistes, l’évolution des publics.
Il s’efforce de rendre parlantes les œuvres en élaborant des formes de présentation originales, centrées sur le public d’aujourd’hui, l’actualité et l’universalité des pièces : moments musicaux domestiques, passerelles entre musique et littérature, manifestations interactives avec les spectateurs, médiation, écriture dramatique ou musicale de programmes privilégiant le fond et réhabilitant l’importance du texte.
Il défend une pratique de la musique dans laquelle la performance retient moins l’attention que l’émotion distillée par l’œuvre, dans laquelle le succès n’est pas lié au prestige, dans laquelle l’amour de l’œuvre et l’envie de la servir l’emportent sur les égos et la critique.