LE FEU

Dimanche 4 juillet, 16h & 17h – temple maçonnique à Besançon
entrée libre avec participation au chapeau

Le Cortège dOrphée
Agathe Peyrat, soprano
Léo Vermot-Desroches, ténor
Anthony Lo Papa, flûte
Yoan Héreau, piano

Le rituel du feu, c’est bien sûr avant tout celui des épreuves que doivent traverser Tamino et Pamina, les héros de la Flûte enchantée de Mozart, pour accéder à l’initiation. Mais même en laissant de côté la métaphore traditionnelle de la passion, le feu est un élément omniprésent chez les romantiques allemands. Chez Schubert, le navigateur évite les récifs grâce au phare d’Alexandrie et ses Dioscures tutélaires qui lui montrent le chemin ; chez Wolf, c’est d’abord la jeune fille abandonnée qui revoit ses amours malheureuses à la lueur du foyer qu’elle allume le matin ; puis la panique quand le Feuerreiter incendie tout sur son passage ; chez Loewe, ce sont les feux follets qui se racontent leurs aventures ; chez Beethoven enfin, c’est le soleil qui réchauffe la terre des rayons de la divinité, image de la sagesse qui réchauffe l’humanité. Sans oublier la Tétralogie de Wagner, quand la Walkyrie s’endort au milieu d’un cercle de flammes.

La soprano Agathe Peyrat se forme très jeune à la musique classique et contemporaine au sein de la Maîtrise de Radio-France, puis à la Guildhall School of Music and Drama de Londres. Au cours de son parcours musical et artistique, elle bénéficie des enseignements de Susan Waters, Yvonne Kenny, Chantal Santon et Malcolm Walker.
Elle est lauréate du Concours National de chant de Béziers en 2015 ainsi que de l’Académie Mozart du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence, où elle reçoit le prix des Amis du Festival en 2018. Elle détient par ailleurs une licence en Lettres et Arts de l’Université Paris 7.
Portée par son goût pour la scène et passionnée par le travail théâtral, elle se produit en soliste dans divers festivals, théâtres et maisons d’opéra en France et à l’étranger dans le répertoire lyrique, allant de l’opéra baroque à l’opéra contemporain. Soprano au timbre frais et agile, elle interprète Belinda dans Didon et Enée de Purcell, l’Amour et Phani dans Les Indes Galantes de Rameau, la Reine de la Nuit dans La Flûte Enchantée de Mozart, Flaminia dans Il Mondo della Luna de Haydn, entre autre.
Animée par son attachement au travail collectif, elle se produit avec l’ensemble vocal Aedes, dont elle est membre depuis 2013, dans divers lieux de concerts prestigieux, tels que le Festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence, l’Opéra Royal de Versailles, l’Opéra Comique, le Théâtre des Champs-Élysées ou la Philharmonie de Paris.
Son intérêt pour l’interdisciplinarité l’entraîne rapidement vers des projets plus transversaux, mêlants théâtre, opéra, et chanson. Elle crée ainsi Peuplements, pièce chorégraphique de Flora Detraz pour quatre chanteuses lyriques (compagnie Pli), Jeanne et la chambre à airs, spectacle musical jeune public de Christian Duchange, Karin Serres et Yannaël Quenel (compagnie L’Artifice), Tarquin drame lyrique pour chanteurs, comédiens et orchestre de bal de Jeanne Candel, Aram Kebabdjian et Florent Hubert (collectif La Vie Brève), Où je vais la nuit réécriture d’Orphée et Eurydice de Gluck par Jeanne Desoubeaux (compagnie Maurice et les autres), La Vallée de l’étonnement, opéra contemporain d’Alexandros Markeas mis en scène par Sylvain Maurice (ensemble TM+).
Dans le domaine de la chanson, elle collabore régulièrement avec l’ensemble Les Lunaisiens (Arnaud Marzoratti), et est autrice-compositrice-interpète du groupe Inglenook. Elle s’accompagne de son ukulélé, instrument adopté en 2008 qui l’a fait voyager des rues du festival d’Avignon jusqu’à la scène des Francofolies de La Rochelle.
Elle forme par ailleurs avec l’accordéoniste Pierre Cussac un duo autour de reprises de tous genres, époques, et styles qui leur permet d’explorer un répertoire musical large, de Poulenc à Tom Waits, à l’image de leur volonté de faire dialoguer les arts avec enthousiasme et curiosité.

Originaire de Franche-Comté, le ténor Léo Vermot Desroches étudie le violon ainsi que le piano, l’écriture musicale et l’improvisation classique au conservatoire de Besançon, ville dans laquelle il obtient aussi une licence de musicologie. En 2013, il intègre la classe de chant de Virginie Pochon au conservatoire de Villeurbanne, puis en 2017 le conservatoire supérieur de Paris dans la classe de Valérie Guillorit. Il a alors l’occasion de côtoyer de nombreuses personnalités artistiques tel que Jeff Cohen, Anne Lebozec, Leonardo Garcia Alarcon, Margaret Hönig ou encore Regina Werner. Par ailleurs, en 2019, Léo est lauréat de la promotion Ravel de l’Académie Jaroussky et intègre en 2021 la 5e génération de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco.
Lauréat de l’édition 2020 du concours international de chant lyrique de Marmande, il reçoit le Premier Prix Opéra et le Premier Prix Mélodie, et reçoit au Concours de Musique Baroque de Froville le Troisième Prix ainsi que le Prix du Public.
Jouant sur des vocalités contrastées, Léo Vermot Desroches aborde sur scène des rôles tels que le Sommeil dans Atys de Lully, Tamino dans La flute enchantée de Mozart, Florestan dans Un Mari la porte d’Offenbach, Énée dans Didon et Enée de Purcell, Don Ottavio dans Don Giovanni de Mozart, le Chevalier de la Force des Dialogues des Carmélites de Poulenc, ou encore le Prince dans Cendrillon de Massenet. On a pu l’entendre dernièrement dans de l’opéra de Haydn L’Infedeltà delusa (Nencio), dirigé par Sigiswald Kuijken, ainsi que dans Giove in Argo (Licaone) de Lotti, dirigé par Leonardo Garcia Alarcon ou encore à la Philharmonie de Paris dans des extraits de la Flûte Enchantée de Mozart avec le Paris Mozart Orchestra dans le cadre du Concours International de Cheffes d’Orchestre « La Maestra ». Cet éclectisme se retrouve dans son répertoire d’oratorio, allant de l’évangéliste de la Passion selon Saint Jean de Bach à la Petite Messe Solennelle de Rossini, en passant par les Leçons de Ténèbres de Lambert et Couperin, ou le Requiem de Mozart.
Son amour pour le répertoire de la musique de chambre l’amène à se produire régulièrement en récital entre autre dans Les Nuits d’été de Berlioz, La Bonne Chanson de Fauré, l’opus 90 de Schumann, et dans le répertoire contemporain, avec In Damascus de Jonathan Dove. Cette recherche a donné naissance au Duo Calligramme, en collaboration avec Victor Métral, membre du Trio Métral.
Prochainement, Léo se produira dans le rôle de Peter Quint dans le Tour d’Écrou de Britten en partenariat avec la Philharmonie de Paris et le CNSMDP, dans Bastien et Bastienne de Mozart avec l’opéra d’Avignon, dans la Passion selon Saint-Jean, avec la compagnie Opéra Nomade à Versailles et Clermont-Ferrand, ou encore dans une série de concerts « Les plus beaux airs d’opéra » à Bordeaux avec l’Orchestre de Chambre de Gironde.

Après un cursus complet dans les conservatoires de Nantes, Boulogne-Billancourt et Lille, Yoan Héreau se forme au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris dans les classes de Direction de Chant (Erika Guiomar), Accompagnement Vocal (Anne Le Bozec) et Musique de Chambre (Claire Désert et Amy Flammer).
À la suite de son cursus, il intègre l’Académie de l’Opéra national de Paris en qualité de pianiste chef de chant pour trois saisons.
Il travaille en étroite collaboration avec la soprano Raquel Camarinha.
Ses activités diverses l’amènent à collaborer avec des chefs d’orchestre tels que Ottavio Dantone, Philippe Jordan, Marc Minkowski, Daniel Harding, Philippe Herreweghe, Matthias Pintscher, Donato Renzetti, Giacomo Sagripanti en France (Opéra Bastille, Opéra Garnier, Philharmonie de Paris, Théâtre des Champs Elysées, Théâtre du Châtelet) et à l’étranger (Allemagne, Belgique, Chine, Espagne, États-Unis, Japon, Lituanie, Pologne, Portugal, Slovaquie, Suisse).
Lui-même attiré par la direction d’orchestre, il dirige en juin 2017 quatre représentations du ballet The Little Match Girl Passion de Simon Valastro au Palais Garnier ainsi que L’Heure Espagnole de Maurice Ravel pendant l’été 2018.
Soucieux de la musique d’aujourd’hui, il participe à de nombreuses créations : Macbeth underworld de Pascal Dusapin, Giordano Bruno de Francesco Filidei, Aliados de Sebastian Rivas, La Passion de Simone de Kaija Saariaho (version de chambre), Thanks to my eyes d’Oscar Bianchi et Paraboles de Noel Lee.
Il fut également le commanditaire de sept créations de mélodie autour de la poésie de Paul Verlaine en mars 2013.
La saison passée fut marquée par la sortie de Rencontre, premier disque en duo enregistré avec Raquel Camarinha pour le label Naïve et salué unanimement par la critique.
Cette saison verra la sortie de deux nouveaux opus pour le label Mirare avec Raquel Camarinha et l’intégrale des mélodie de Chopin ainsi que le Winterreise de Schubert avec le baryton-basse Edwin Crossley-Mercer.

Parallèlement à une formation éclectique (flûte et traverso, clavecin, luth, écriture, MAO, analyse, ondes Martenot, musicologie, danse baroque, lettres et langues), Anthony Lo Papa étudie le chant au CNR de Besançon puis à Montreuil avant d’entrer en 2003 au CNSM de Paris dans la classe de Mireille Alcantara, où il suit les masterclasses de Jeanine Reiss et Margreet Honig, et dont il sort diplômé en 2007. Il y obtient en 2010 le Certificat d’Aptitude de technique vocale. Il se perfectionne sur le Lied auprès d’Ulrich Messthaler à Royaumont.
Son répertoire va de la musique ancienne à la musique contemporaine. Il chante avec le même plaisir la musique sacrée de Bach et Monteverdi, les opéras de Purcell et Lully, que Stimmung de Stockhausen ou les pièces de Brecht/Weill. Il incarne à la scène les rôles de Mozart, Haendel, Britten autant que plusieurs créations. Il a travaillé avec des personnalités comme William Christie, Laurence Equilbey, Daniel Harding, Marc Minkowski, Kurt Masur, Vincent Dumestre, s’est produit dans de nombreux pays – Europe, Canada, Chine – et avec des institutions telles que le TCE, le Châtelet, la Comédie-Française.
Il mène une activité intense autour du Lied et de la langue allemande, ponctuée de projets plus ou moins pédagogiques dont diverses masterclasses, une académie annuelle de Lied à Besançon, une intégrale Schubert et une introduction à Wolf destinée au public français, et a publié un mémoire de Master sur la diction lyrique franco-allemande. Il collabore avec plusieurs ensembles vocaux, dont Aedes et Sequenza 9.3. Il fonde en 2013 son propre ensemble, le Cortège d’Orphée.

Le Cortège d’Orphée voit le jour en 2013 à Besançon autour d’un projet simple : remettre en question le règne du concert en s’appuyant sur les œuvres elles-mêmes. Ensemble à géométrie variable, il réunit des artistes autour des préoccupations que sont le contexte des œuvres, leur signification, le formatage croissant des artistes, l’évolution des publics.
Il s’efforce de rendre parlantes les œuvres en élaborant des formes de présentation originales, centrées sur le public d’aujourd’hui, l’actualité et l’universalité des pièces : moments musicaux domestiques, passerelles entre musique et littérature, manifestations interactives avec les spectateurs, médiation, écriture dramatique ou musicale de programmes privilégiant le fond et réhabilitant l’importance du texte.
Il défend une pratique de la musique dans laquelle la performance retient moins l’attention que l’émotion distillée par l’œuvre, dans laquelle le succès n’est pas lié au prestige, dans laquelle l’amour de l’œuvre et l’envie de la servir l’emportent sur les égos et la critique.