LES OISEAUX SONT DE LA POUSSIÈRE D’ÂME

Dimanche 11 juillet, 15h – cathédrale Saint-Jean à Besançon
entrée libre avec participation au chapeau

« Les oiseaux sont de la poussière d’âme », écrivait Victor Hugo. Et c’est l’esprit de ce programme construit autour du Requiem d’Alfred Desenclos, œuvre méconnue d’une élégance et d’une spiritualité lumineuses, d’une ferveur apaisée. Si les harmonies renvoient à la tradition debussyste, le goût du plain chant et de la polyphonie fait écho à la musique de la Renaissance. Les Chansons de Janequin, gorgées de chants d’oiseaux délicats ou humoristiques, rejoignent ainsi l’Air de cour d’Étienne Moulinié, le pastiche ravélien des Trois Chansons, mais aussi la musique d’Olivier Messiaen, qui employait le chant des oiseaux comme un élément fondamental de son langage musical : c’est en effet à travers leurs voix que ce compositeur inspiré a voulu célébrer la création comme d’autres l’ont fait en écrivant sur la mer ou sur le vent.
Des extraits de sa musique d’orgue et de son Quatuor pour la fin du temps complètent un programme français entre terre et ciel.
Les oiseaux sont de la poussière d’âme.

Le Cortège d’Orphée
Ensemble vocal de la collégiale de Neuchâtel
Simon Peguiron, orgue
Anthony Lo Papa, direction

Chœur et orchestre à géométrie variable, l’Ensemble vocal et instrumental de la Collégiale de Neuchâtel a été fondé au fil des dernières années dans le but d’animer les cultes-cantates à la Collégiale de Neuchâtel, puis s’est développé autour d’autres projets spécifiques. Sa particularité est de se baser sur l’autonomie et la participation personnelle de chaque choriste et musicien: l’ensemble travaille généralement sans chef, à la manière d’une formation de musique de chambre. Chacun peut ainsi apporter sa pierre à l’édifice, ce qui permet d’obtenir un résultat artistique cohérent auquel tous les membres peuvent s’identifier. L’Ensemble vocal et instrumental de la Collégiale est placé sous la responsabilité artistique de Simon Peguiron, qui coordonne les idées et conduit les répétitions depuis l’orgue ou le piano.

Le Cortège d’Orphée voit le jour en 2013 à Besançon autour d’un projet simple : remettre en question le règne du concert en s’appuyant sur les œuvres elles-mêmes. Ensemble à géométrie variable, il réunit des artistes autour des préoccupations que sont le contexte des œuvres, leur signification, le formatage croissant des artistes, l’évolution des publics.
Il s’efforce de rendre parlantes les œuvres en élaborant des formes de présentation originales, centrées sur le public d’aujourd’hui, l’actualité et l’universalité des pièces : moments musicaux domestiques, passerelles entre musique et littérature, manifestations interactives avec les spectateurs, médiation, écriture dramatique ou musicale de programmes privilégiant le fond et réhabilitant l’importance du texte.
Il défend une pratique de la musique dans laquelle la performance retient moins l’attention que l’émotion distillée par l’œuvre, dans laquelle le succès n’est pas lié au prestige, dans laquelle l’amour de l’œuvre et l’envie de la servir l’emportent sur les égos et la critique.

Né en 1980 à Neuchâtel, Simon Peguiron débute la musique par le violon, avant de se tourner vers le piano et l’orgue. Parallèlement à sa formation générale au Gymnase Cantonal de La Chaux-de-Fonds, il entreprend des études musicales au Conservatoire de cette ville. Il y obtient « avec distinction » les diplômes d’enseignement d’orgue (classe de Philippe Laubscher) et de piano (classe de Catherine Courvoisier), et termine également un diplôme d’enseignement du solfège. Il se perfectionne ensuite auprès de Guy Bovet à l’Académie de Musique de Bâle pour l’orgue, ainsi qu’à la Haute Ecole de Musique de Zurich dans la classe de piano de Homero Francesch. Il termine ses études en juin 2006 avec les plus hautes distinctions et un diplôme de soliste pour chacun des deux instruments.
Il participe à de nombreux concerts, que ce soit en tant qu’accompagnateur, en musique de chambre, comme soliste ou même à l’occasion comme compositeur. Il se consacre également à l’arrangement, à l’improvisation dans différents styles et à l’édition de partitions. Il a eu l’occasion de se produire en public au piano ou à l’orgue dans les plus prestigieuses salles de Suisse (Tonhalle de Zurich, Casino de Bâle, Victoria-Hall de Genève) ainsi que dans plusieurs pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande) et au Japon.
Simon Peguiron a été notamment soutenu dans sa formation par le Lycéum-club de La Chaux-de-Fonds, la fondation Friedl-Wald (Bâle) et la fondation Ernst Göhner (Zoug). Lauréat de nombreux prix d’études (prix Robert Faller en 1998, prix d’interprétation Miéville-Hory en 2001, prix de la fondation Jmanuel et Evamaria Schenk en 2002, prix Hans Balmer en 2006), il enseigne le piano au Conservatoire neuchâtelois depuis 2006 et s’engage activement, par l’intermédiaire de plusieurs sociétés de concerts, au sein de la vie musicale locale. Après dix ans d’activité au Temple du Locle, il a pris en avril 2009 la succession de Guy Bovet en tant qu’organiste titulaire de la Collégiale de Neuchâtel.